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Un consentement éclairé

Chaque personne qui a participé à ce film, qu'il soit requérant ou personnel du centre, nous a donné son autorisation signée pour participer au tournage. Une convention avec les requérants d'asile nous lie et stipule, par exemple, que le film ne sera pas diffusé sur une chaîne nationale de leur pays d'origine.

Chaque semaine pendant toute la durée du tournage, les nouveaux arrivants au Centre étaient informés du tournage en cours et de ses enjeux. Chacun avait la possibilité de refuser d'y participer. Il leur a été clairement expliqué que la participation ou non au projet n'avait aucune influence sur leur demande d'asile en cours. De plus, chaque personne filmée avait la possibilité de visionner les images sur place et de se retirer du projet à tout moment.

Que sont-ils devenus?

Nous avons gardé des liens amicaux avec la plupart des protagonistes qui ont participé au film. La grande majorité du personnel travaille encore aujourd'hui au Centre. Ils ont tous vu le film et ont apprécié dans l'ensemble l'image que La Forteresse renvoie de leur métier et de leur engagement.

La famille colombienne qui a perdu son fils dans des conditions dramatiques vit aujourd'hui en Suisse alémanique. Tous les enfants y sont scolarisés et les parents s'attellent au difficile apprentissage de la langue. Ce sont les seuls protagonistes du film à avoir obtenu l'asile. À noter qu'ils ont fait leur demande à l'ambassade suisse de Bogota, une possibilité fondamentale du droit d'asile que l'Office fédéral des migrations cherche aujourd'hui à supprimer.

Le jeune Ali, que le chef de l'assistance essaie de réconforter lors de la consultation médicale, a disparu. Personne de ses proches n'a eu de ses nouvelles depuis août 2008. Son ami Kofi, le jeune togolais, a enfin retrouvé ses parents mais n'a toujours pas obtenu de décision sur sa demande d'asile. Au bénéfice d'un livret N, il attend chaque jour une réponse des autorités fédérales pour savoir s'il peut rester avec sa famille établie en Suisse.

Le Somalien, dont le récit de voyage n'a pas convaincu l'auditrice, a obtenu une autorisation de séjour temporaire en Suisse de douze mois renouvelable, car son renvoi est jugé inexigible. Au bénéfice d'un livret F (dit aussi admission provisoire) il peut travailler en attendant que la situation s'améliore dans son pays d'origine. Le prêtre africain qui bénit les autorités suisses pendant la scène de la prière du soir a reçu une décision de non-entrée en matière (NEM). Il a été forcé de retourner dans son pays.

La famille Rom, dont la fille ne pouvait plus marcher le jour de leur attribution, a reçu une réponse négative. La mère a décidé de faire un recours contre cette décision auprès du Tribunal administratif fédéral. La jeune fille handicapée, dont l'agent Securitas récupère la chaise roulante à la fin du film, a été opérée du dos un mois après le tournage car elle souffrait d'une hernie discale.

Fahad, le jeune traducteur irakien menacé de mort dans son pays, l'Irak, erre maintenant depuis  deux ans, balloté d'un pays à l'autre en quête d'asile. En Suisse, sa première demande d'asile lui est refusée et il est renvoyé de force vers la Suède, pays responsable de sa demande d’asile en vertu des accords de Dublin. La Suède lui annonçant par la suite un renvoi imminent vers l'Irak, Fahad revient en Suisse se réfugier. Malgré ces faits nouveaux, la Suisse le renvoie de force en Suède en avril 2009, où il attend aujourd'hui la réponse à son recours.

 

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